Retour sur le tremblement de terre qui a ravagé Haïti mardi, faisant des dizaines de milliers de morts. C'est la pire catastrophe à laquelle l'Onu ait jamais été confrontée.
Mardi. Il est 16 h 53 quand un tremblement de terre de magnitude 7 frappe Haïti. Avec un épicentre peu profond (à peine 10 km) et très proche de Port-au-Prince (environ 15 km), le séisme fait craindre à l'ambassadeur haïtien aux États-Unis « une catastrophe majeure » dans ce pays, le plus pauvre des Caraïbes. Selon un journaliste de l'AFP présent sur place, la secousse, très violente, a duré plus d'une minute, allant jusqu'à faire sauter les véhicules en pleine rue et faire s'effondrer de nombreux bâtiments publics. Alors que la nuit tombe sur la capitale haïtienne, la communauté internationale - notamment les États-Unis et la France - se prépare à acheminer l'aide de première urgence.
Mercredi. Privés d'eau, de courant et de moyens de communication (à part Internet), les habitants de Port-au-Prince prennent conscience de l'ampleur du désastre, en même temps que le reste du monde. Les rues sont jonchées de cadavres et de nombreux bâtiments - dont le palais présidentiel, le siège du gouvernement, la cathédrale et la prison centrale - se sont écroulés, coinçant des milliers de personnes sous les gravats. Quelque 200 personnes sont ainsi portées disparues sous les décombres d'un grand hôtel, Le Montana, et 200 autres sous ceux du quartier général de la Mission de stabilisation de l'Onu en Haïti (Minustah). Alors que le président René Préval redoute « des milliers de morts », l'ambassadeur haïtien à l'Organisation des États américains évoque des « dizaines de milliers de victimes » tandis que le Premier ministre, Jean-Max Bellerive, les estime à « plus de 100 000 ».